Skip to main content

Court d’école

Auteur(s) : Alexandre Duyck

Si l’arbitrage français est une référence dans le tennis international, il le doit à une politique de formation très pointue. Rencontre avec plusieurs élèves qui rêvent d’être un jour sur la chaise ou derrière la ligne d’une finale de Roland-Garros.


  • Année de parution : 2022

  • Media : L’Équipe Magazine
  • Photo(s) : NC
  • Année de parution : 2022

Extrait

Il fait terriblement chaud au Touquet en cette fin d’été 2022. La terre battue du très chic Pierre de Coubertin Tennis Club crève de soif, tout comme les gamins qui officient sur les courts. Ils disputent la 50e Coupe Davis junior, le Championnat d’Europe par équipes des 16 ans et moins. La jeunesse a pris le pouvoir cette semaine là, y compris au sommet des chaises d’arbitre avec, pour tous les matches, des jeunes gens âgés entre 18 et 25 ans. La relève de l’arbitrage français réputé dans le monde entier, honoré encore en 2022 en finale de Wimbledon avec Aurélie Tourte (simple dames) et Renaud Lichtenstein (simple messieurs). Qu’est-ce qui motive des jeunes à vouloir endosser le costume ? Et comment les forme-t-on à cette tâche que d’aucuns estimeront ingrate, mal aimée et n’offrant qu’une maigre rémunération ? Estelle Clérin a 20 ans. La jeune femme blonde, originaire de Senlis, est étudiante en école de commerce à Lille. « J’avais un tempérament excessif sur les courts, je m’énervais vite, reconnaît-elle en souriant. À 15 ans, j’étais classée 15-3, quand mon coach m’a inscrite à un stage. Ça m’a fait rire, je ne me voyais pas du tout arbitrer des gens dont je voulais prendre la place sur le court. Mais mon père m’a dit d’y aller, que je n’avais rien à perdre. Et en fait ça m’a plu ! » Elle dit découvrir alors « une autre facette du sport et qui ne se résume pas à se faire dégommer, comme tout le monde le croit. J’aime le pouvoir qui m’est confié de gérer le match, prendre des décisions, aider les joueurs à ce que la partie se déroule dans les meilleures conditions. Je ne ressens aucune frustration, c’est vraiment devenu une passion. »…